Comment la directive NIS2 renforce la sécurité des entreprises
- Gautier Briand
- Nov 19, 2025
- 3 min read

Une transformation majeure du cadre européen de cybersécurité
La directive NIS2 marque un changement profond dans la manière dont l’Union européenne encadre la cybersécurité. Alors que la première directive NIS, adoptée en 2016, avait posé les bases d’une approche commune, elle s’était révélée insuffisante : périmètre trop limité, exigences floues, application inégale selon les États membres.NIS2 vise à corriger ces faiblesses en établissant des obligations plus complètes, plus précises et mieux harmonisées dans toute l’Union.
Pour les entreprises françaises, NIS2 représente un nouveau standard de sécurité, applicable aussi bien aux grandes organisations qu’aux PME et prestataires opérant dans des secteurs jugés essentiels ou importants.
L’élargissement du périmètre : un impact direct sur les entreprises
L’un des effets les plus visibles de NIS2 est l’extension considérable de son champ d’application. De nombreux secteurs qui n’étaient pas couverts par la première directive deviennent désormais soumis à des obligations de cybersécurité.
Plus de secteurs concernés
NIS2 inclut désormais :
la santé au sens large (hôpitaux, laboratoires, biotechnologies)
l’industrie manufacturière
la gestion des déchets
l’alimentation
la recherche
les services numériques (cloud, plateformes, data centers)
Pour beaucoup d’entreprises, cela signifie passer d’un cadre volontaire à un cadre réglementaire, avec des obligations documentées et contrôlables.
L’intégration des prestataires critiques
Un changement déterminant concerne les fournisseurs B2B : prestataires cloud, infogérants, éditeurs de logiciels, SOC, MSSP, opérateurs télécoms.Ils deviennent des acteurs centraux de la conformité, car une entreprise peut être considérée comme non conforme si son fournisseur ne respecte pas les exigences minimales de sécurité.
Des mesures de sécurité plus précises et plus exigeantes
Contrairement à NIS, qui restait assez général, NIS2 liste des mesures concrètes qui doivent être mises en œuvre.
Une gestion structurée des risques
Les organisations doivent mettre en place un cycle complet et documenté incluant :
la cartographie des actifs et des dépendances
l’identification des risques informatiques et opérationnels (IT/OT)
la mise en place de mesures de protection adaptées
des tests réguliers
des mécanismes de supervision continue
Cette approche permet une vision claire du niveau d’exposition, souvent absent dans les PME.
Des exigences techniques obligatoires
NIS2 impose notamment :
l’authentification multifacteur (MFA)
la journalisation et la rétention des logs
la supervision et la détection des incidents
la segmentation des réseaux
le durcissement des systèmes
un plan de sauvegarde fiable et testé
la gestion des accès à privilèges
la sécurité des environnements industriels (OT)
Ces mesures correspondent aux bonnes pratiques attendues pour réduire les attaques les plus courantes : compromission de comptes, mouvements latéraux, exfiltration de données.
Une gouvernance renforcée : la direction devient responsable
NIS2 introduit une obligation forte : l’implication directe de la direction dans la gestion de la cybersécurité.
Une responsabilité juridique nouvelle
Les dirigeants doivent :
approuver la politique de sécurité
suivre les risques significatifs
encadrer les plans d’action
suivre les incidents majeurs
se former à la cybersécurité
En cas de manquement grave, la responsabilité de la direction peut être engagée. Le sujet n’est plus uniquement technique : il devient stratégique.
Une culture de sécurité au niveau organisationnel
Cette approche vise à installer une culture de cybersécurité durable :
gouvernance claire
budget récurrent
revue régulière des risques
implication des métiers
processus de contrôle interne
La gestion des prestataires : un pilier central de NIS2
Les attaques récentes ont démontré que les prestataires sont souvent des points d’entrée privilégiés pour les cyberattaquants.NIS2 impose donc une supervision renforcée de la chaîne d’approvisionnement.
Les entreprises doivent évaluer leurs fournisseurs
Cela inclut :
l’analyse du niveau de sécurité
les certifications ou preuves documentaires
la gestion des accès externes
la mise en place de clauses contractuelles adaptées
la revue régulière de la maturité du fournisseur
Les organisations ne peuvent plus externaliser leur responsabilité.
Les prestataires deviennent eux aussi soumis à obligation
Beaucoup de prestataires sont désormais eux-mêmes dans le périmètre NIS2, ce qui améliore globalement la sécurité des services utilisés.
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Une gestion normalisée des incidents
NIS2 introduit des délais précis :• pré-alerte en 24 h• rapport intermédiaire en 72 h• rapport final sous 1 mois
L’objectif est de permettre une réponse coordonnée et rapide, notamment en cas d’attaque touchant plusieurs États membres.
Le renforcement des sanctions
NIS2 prévoit des amendes pouvant atteindre :
10 millions d’euros
ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial
L’objectif n’est pas punitif mais dissuasif, afin de garantir l’application réelle des mesures.
Conclusion : NIS2 comme nouveau standard européen
NIS2 ne se limite pas à une mise à jour de la directive 2016 : c’est un cadre complet qui impose une approche structurée, documentée et durable de la cybersécurité.Pour les entreprises françaises, la directive représente une opportunité d’améliorer la résilience face aux attaques et de réduire les risques opérationnels.
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