Pourquoi la directive NIS2 a été créée ? Comprendre le contexte européen
- Gautier Briand
- Nov 19, 2025
- 2 min read

La directive NIS2 n’est pas arrivée par hasard. Elle est le résultat direct d’une évolution rapide des cybermenaces en Europe et d’un constat clair : les infrastructures essentielles et les entreprises stratégiques n’étaient pas suffisamment protégées.Pour les organisations françaises, comprendre ce contexte permet de mieux saisir l’objectif réel de la directive et l’importance de s’y préparer.
1. Une hausse continue des cyberattaques en Europe
Entre 2018 et 2023, les États membres de l’Union européenne ont enregistré :
une augmentation marquée des rançongiciels,
des attaques visant les hôpitaux, collectivités et industries,
des compromissions via des prestataires (cloud, infogérance, logiciels),
des attaques opportunistes mais aussi géopolitiques.
La première directive NIS (2016) n’avait qu’un champ limité et des obligations hétérogènes selon les pays. Résultat : une résilience insuffisante, un niveau de préparation très inégal et des chaînes d’approvisionnement vulnérables.
2. Une dépendance croissante aux services numériques
La majorité des secteurs critiques (santé, énergie, transport, finance, eau, alimentation…) repose désormais sur :
des systèmes d’information complexes,
des prestataires cloud et cybersécurité,
des réseaux industriels (OT),
de la gestion à distance.
La cybersécurité est devenue une condition indispensable à la continuité économique.L’Europe a donc décidé d’harmoniser et de renforcer les exigences.
3. Le besoin de règles communes dans toute l’Union européenne
Avant NIS2, chaque État membre interprétait différemment les règles :
certains pays exigeaient des audits stricts,
d’autres appliquaient des obligations minimales,
les notifications d’incident n’étaient pas uniformes.
Cette fragmentation créait des failles exploitables pour les cyberattaquants et compliquait la gestion des risques pour les groupes européens.NIS2 établit un socle commun minimal, applicable à l’ensemble de l’Union.
4. Un périmètre élargi pour couvrir les secteurs stratégiques
L’UE a reconnu que de nombreux secteurs essentiels n’étaient pas protégés par la première directive NIS.NIS2 inclut désormais :
la santé au sens large,
les déchets,
l’alimentation,
la fabrication industrielle,
les services numériques,
les fournisseurs B2B critiques.
Objectif : couvrir l’ensemble des organisations dont une interruption pourrait avoir un impact significatif sur la société ou l’économie.
5. Une priorité : sécuriser les chaînes de fournisseurs
Un grand nombre d’incidents majeurs récents ont été causés par :
un logiciel compromis,
un prestataire infogérant attaqué,
un service cloud exposé.
NIS2 impose donc une gestion stricte des prestataires critiques.Les entreprises doivent désormais évaluer, suivre et documenter les mesures de sécurité de leurs fournisseurs.
➤ Comparer des prestataires qualifiés : Normi.fr/services
6. Vers une culture européenne de cybersécurité
NIS2 ne vise pas seulement la conformité.L’objectif est d’élever progressivement le niveau de sécurité de tous les acteurs — PME comprises — pour réduire l’exposition globale du continent.
Pour les dirigeants, responsables IT et PME, cela signifie :
anticiper les obligations,
structurer une gouvernance de sécurité,
intégrer le risque cyber dans les décisions opérationnelles.
➤ Voir les obligations détaillées : Normi.fr/directive



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